Vendredi 11 septembre 2009
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Les Jardins de Claude Monet
Les deux jardins
Les jardins de Monet sont divisés en deux parties, un jardin de fleurs devant la maison, qu'on appelle le Clos
Normand, et un jardin d'eau d'inspiration japonaise de l'autre côté de la route. Les deux parties du jardin de Monet s'opposent et se complètent
Le Clos Normand
Quand Monet et sa famille s'installent à Giverny en 1883, le terrain qui descend de la maison jusqu'à la route
est planté d'un verger et entouré de hauts murs de pierre. Une allée centrale ombragée par des sapins le traverse.
Ce Clos Normand d'environ un hectare, Monet le transforme en un jardin riche en perspectives, en symétries et
en couleurs. Le terrain se découpe en plates-bandes où les massifs de fleurs de différentes hauteurs créent les volumes. Les arbres fruitiers ou d'ornement dominent les rosiers grimpants, les
tiges élancées des roses trémières et les masses colorées des annuelles. Monet m
êle
les fleurs les plus simples (pâquerettes et coquelicots) aux variétés les plus
recherchées.
L'allée centrale se couvre d'arceaux sur lesquels poussent des rosiers grimpants. En écho, d'autres rosiers
couvrent les balustrades qui longent la maison. A la fin de l'été des capucines envahissent le
sol de l'allée centrale.
Claude Monet n'aime pas les jardins organisés ou contraints. Il allie les fleurs en fonction de leurs couleurs
et les laisse pousser assez librement.
Le jardin d'eau
En 1893, dix ans après son arrivée à Giverny, Monet achète le terrain qui voisine sa propriété de l'autre côté
de la voie de chemin de fer. Il est traversé par un petit cours d'eau. Monet y fait creuser un premier petit bassin.
Par la suite le bassin sera agrandi pour atteindre ses proportions d'aujourd'hui. Le jardin d'eau tout en
asymétrie et en courbes, s'inspire des jardins japonais que Monet connaît par les estampes dont il est un fervent collectionneur. On trouve dans ce jardin d'eau le fameux pont japonais couvert de
glycines, d'autres ponts plus petits, des saules pleureurs, une forêt de bambous, et surtout les fameux nympheas qui fleurissent pendant tout l'été. Le bassin et la végétation qui l'entoure
forment un monde clos, indépendant de la campagne alentours.
Jamais encore un peintre n'avait à ce point façonné son motif dans la nature avant de le peindre, créant son
oeuvre deux fois. Monet y puise son inspiration pendant plus de vingt ans. Après la série des ponts japonais il se consacre à celle des nympheas, jusqu'aux gigantesques décorations de
l'Orangerie. Toujours à la recherche de brumes et de transparences, Monet s'attache de plus en plus aux reflets dans l'eau, une sorte de monde inversé transfiguré par l'élément
liquide.
Le pont japonais
Monet a peint son pont 45 fois ! Pour le construire il a fait appel à un artisan local. Au moment de la
restauration du jardin le pont était trop abîmé pour être récupérable. Il a dû être reconstruit par une entreprise de Vernon. Il est entièrement constitué de bois de hêtre.
Les glycines qui le couvrent ont été plantées par Monet.
L'accès au jardin d'eau se fait par un souterrain qui passe sous la route (à l'époque, Monet devait franchir la
voie de chemin de fer et traverser le chemin du Roy.) Vous pourrez traverser le pont et vous promener dans les recoins secrets du jardin d'eau.
A la mort de Claude Monet en 1926, la maison et le jardin reviennent à son fils Miche et en 1966 Michel Monet
lègue la propriété à l'Académie des Beaux-Arts.
En 1977 Gérald van der Kemp est nommé conservateur de Giverny. André Devillers, qui avait eu la chance
d'accompagner Georges Truffaut, un éminent jardinier souvent invité à la table de Monet, l'aide à reconstituer le jardin tel qu'il était à l'époque du Maître. De nombreux contemporains de
Monet témoignent aussi.
Plusieurs années sont nécessaires pour redonner au jardin et à la maison leur ancienne splendeur.
Grâce à des dons généreux en majorité américains, la façade de la maison est ravalée, les meubles anciens et
les estampes japonaises sont restaurés, les structures d'accueil se mettent en place. La propriété est ouverte au public depuis septembre 1980.